Pedro Almódovar, féministe espagnol
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Pedro Almodóvar : femmes je vous aime !

Pedro Almodóvar fête ses 72 ans ce 25 septembre. En plus de 40 ans de carrière, le réalisateur a su dessiner des portraits de personnalités féminines toutes aussi complexes que singulières.

Hasard du calendrier, le 25 septembre 2021 correspond également à la date de clôture du festival du film de Saint-Sébastien. Comme le précise les organisateurs, l’évènement « récompense chaque année, des longs-métrages sur des sujets proches du monde des femmes ». Qu’ils soient « réalisés, interprétés ou écrits par des femmes… ou encore par des hommes dont les films témoignent d’une sensibilité particulière envers le monde des femmes ».

Filles, femmes, et mères

C’est bien évidemment dans cette catégorie que le cinéaste, Pedro Almódovar, se positionne en figure de proue. Procédant étape par étape. Établissant comme un parallèle avec sa propre carrière, passant en quatre décennies de metteur en scène prometteur à star internationale. Évoquant d’abord, les filles « Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier », puis les femmes « Femmes au bord de la crise de nerfs » et les mères « Tout sur ma mère ».

Comme si le fait d’être né au cœur de l’Espagne, le poussait à toujours revenir au centre de ses préoccupations : les actrices. Comme si à chaque décennie, l’homme et le réalisateur évoluaient en même temps. Comme si l’ancien employé de la Compagnie nationale du téléphone tissait son fil d’Ariane cinématographique, au gré de ses cycles d’actrices.

Carmen Maura, Victoria Abril, Marisa Paredes, Penelope Cruz…

Il y eut d’abord, la période Carmen Maura dans les années 80. Puis Victoria Abril et Marisa Paredes une décennie plus tard, avant l’avènement de Penélope Cruz au milieu des années 2000.

Des actrices « fétiches » aux noms et aux prénoms symboliques : Carmen comme Carmen Conde, Victoria qui sonne comme une victoire, après-coup de la démocratie sur la dictature franquiste. Sans oublier, Penélope et Cruz. Le premièr, emblème mythologique de la fidélité – à un cinéaste en l’occurrence ! – et le deuxième, comme la croix liée à la religion qui a tant marqué l’enfance d’Almodóvar.

Tout sur sa mère

L’enfant comme l’adulte restera alors, obsédé par une mère omniprésente, aussi bien en dehors que sur les écrans. Celle-ci était également actrice. Une génitrice qui, révèle le journal suisse Le Temps, lui avait dit un jour : « Tu t’appelles Pedro Almodóvar Caballero. Qu’est-ce que c’est que cet Almodóvar tout seul ?! »

Caballero que l’on pourrait traduire par « Monsieur » ou, dans un style plus littéraire, par « chevalier » ou « cavalier ». Une définition très masculine, alors que Pedro Almodóvar n’a cessé de rendre hommage à la Femme.

La présentation de son dernier film (« Madres Paralelas »), début septembre à la Mostra de Venise, vient un peu plus renforcer cette conviction. En attendant peut-être la sortie d’un film consacré à un portrait d’entrepreneure ? Venant d’un peintre des émotions qui a toujours comprendre son époque, ce ne serait pas surprenant…

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